Consommation d’alcool SANS risque au Québec ? Cela se peut-il?

La société des alcools du Québec, SAQ, lance dans l’une des publicités de 2013 au Québec des affirmations trompeuses:

Selon vous, quelle est la consommation d’alcool par jour SANS RISQUE pour les hommes ? Trois et pour les femmes ? Deux … il ne faut pas dépasser 15 par semaine pour les hommes et 10 pour les femmes..

Quelle belle éducation, elle a l’air de savoir de quoi elle parle mais selon plusieurs scientifiques, recherches et un article de David Nutt, professeur en neuropsychoparmacologie au collège Impérial de Londres et siégeant au comité indépendant scientifique sur les drogues, une «consommation d’alcool sans risque n’existe pas». C’est purement du marketing très malhabile de la part de la société d’état. La mention «consommation à faible risque» serait un peu mieux que consommation sans risque et la SAQ le mentionne dans une seule publicité seulement. Mais le mot est faible.. Voici pourquoi, recherches à l’appui.

Vous devez savoir que même si la consommation d’alcool est souvent banalisée, il s’agit d’une drogue psychotropique qui a des effets qu’on le veuille ou non sur l’esprit et induit une dépression suite à une phase d’excitation. C’est une drogue ayant une dépendance psychique, psychologique et une accoutumance très forte et neurotoxicité forte selon le rapport Roques 1998 qui la compare à d’autres drogues connues. Vous en doutez ? La preuve, connaissez-vous beaucoup de gens dans votre entourage qui ne boivent pas d’alcool ? Mieux encore, êtes-vous capable de dire non à des moments de fêtes ou des gens qui vous offrent un verre ..et insistent ? Pourquoi insistent-ils tant à ce que vous buviez, après tout ne peuvent-ils pas avoir du plaisir sans cela ? L’anticipation de la phase d’excitation démontre une accoutumance forte de cette drogue. Faites le test la prochaine fois que vous sortez et regardez leur réaction. Ils sont dépendants sans le savoir et en oublient presque votre choix et le respect de votre santé… mais le pire c’est que vous aussi !

La neurotoxicité elle, parlons-en. Les effets sur le cerveau à long terme sont méconnus ou sur le point de l’être par de nouvelles observations: une diminution du volume cervical lors de la consommation et rétraction lors de la phase de récupération qui peut prendre jusqu’à 14 jours (donc cela prouve que le cerveau se met dans un mode de protection). Si quelqu’un ne prend jamais de longues pauses, que se passe-t-il sur son cerveau, conserve-t-il toute ses facultés ? Il n’y a pas que ça, l’alcool réduit la testostérone, affecte le cycle menstruel et la libido et modifie l’agilité de spermatozoïdes tout en dérangeant le processus de reproduction normal. On sait déjà qu’il vaut mieux y aller avec modération et ne pas en consommer avant et pendant la période de reproduction. Pourquoi ? Selon la fiche produit du fournisseur Sigma-Aldrich et le Centre International de Recherches sur le Cancer (CIRC), c’est un cancérigène certains du groupe 1 «preuves suffisantes» et tératogène puisqu’il cause des mutations génétiques sur le foetus ou futur bébé. Il peut causer le syndrome d’alcoolisation foetaleun état de retard mental et de développement irréversible. Sans compter qu’il augmente le risque de maladies du coeur, du foie comme la cirrhose et tue 2.25 millions de personnes chaque année selon l’Organisation mondiale de la santé.

Notez aussi que le genre, le sexe et le moment de consommer sont des facteurs importants affectant la toxicité. Parce qu’elles accumulent plus d’alcool dans leur tissus, les femmes ont 2 fois plus de risques de cirrhose du foie que les hommes et les personnes de plus de 40 ans sont plus à risque que ceux de moins de 40 ans en général. Une étude sur 18899 personnes met en équivalence de risque 8 consommations (environ 1 par jour) à 14 respectivement pour le groupe le plus jeune en analysant l’activité enzymatique GGT, un biomarqueur de consommation excessive d’alcool et relié aux dommages du foie, information manquante dans le spot publicitaire de la SAQ évidemment qui ne réduit pas de 50% ses recommandations au sexe féminin. Pire encore, selon une autre recherche sur une cohorte italienne de 6534 sujets majoritairement masculins, 28.7% étaient à risque de cirrhose avec 3 consommations par jour, ce que conseille la SAQ. Sachez que boire avec les repas réduit le risque de 3.4 fois de cirrhose et le mélange de type d’alcool (bière,vin,fort) augmenterait ce risque de 23 fois !

Qu’en est-il des jeunes, premiers utilisateurs sans expérience qui entendent ce message de la SAQ qui encourage la consommation d’alcool SANS risque ? S’ils n’ont pas bien été informé des risques par leurs parents, et même s’ils l’ont été, leur amis et la télé vont les influencer à ne pas seulement essayer mais adopter des habitudes de consommations élevées, promues comme normales, qui peuvent mener beaucoup plus facilement et rapidement à une dépendance, troubles de comportements et des problèmes de santé. Même si la majorité des gens ne deviennent pas dépendant lors de leur premiers essais, une petite proportion le devient. Les psychiatres spécialisés avec les alcooliques ont déterminés que ceux qui aimaient l’alcool au début ont un risque élevé d’en devenir accroc. On ne peut pas prédire le nombre mais chaque exposition augmente le risque, surtout si elles sont rapprochées et plus qu’à la simple dose.

Autre fait à noter, il n’est pas vrai que toutes les consommations d’alcool sont équivalentes si on corrige seulement le volume: Vin, bière et Spiritueux ou alcool forts tels vodka, gin et rhum distillés à 40%. Ces derniers sont bien plus toxique sur le corps, stress les organes et sont bien plus poisons car il ne contiennent peu ou pas de composés anti-oxydants auxquels on attribut les BONNES propriétés et ont des effets d’absorption et d’intoxications plus marqué sur le corps car évidemment ils ne se consomment pas à la même vitesse et sont plus concentrés !

Il semble vrai selon les recherches scientifiques dans la littérature qu’une faible consommation de vin rouge ou bière, à raison de 1 verre par jour avec repas et pas tous les jours, peut réduire le risque de cancer, de démence ou maladies dégénératives et même avoir un effet cardio protecteur. Il faut bien quelqu’un quelque part, un scientifique payé pour promouvoir la vente de ces boissons alcoolisées voyons..qui en parle en bien. Sachez que cet effet n’est dû en rien au contenu en alcool de ces boissons mais plutôt aux anti-oxydants et flavanols qu’ils contiennent. Pourtant, on en fait la promotion à la télé, et certains utilisent cet argument pour en boire plus ou se déculpabiliser de leur dépendance. Mais saviez-vous que le chocolat, le jus de raisins ainsi que le thé vert ont les mêmes propriétés sans la toxicité de l’alcool? Alors qu’attendez-vous pour changer vos habitudes ?

Il faut aussi parler du conflit d’intérêt de la société d’état dans cette publicité. La SAQ empoche les profits additionnels à ces recommandations contraires à celles d’EducAlcool, sa voix de prévention. Profits suffisants pour traiter et guérir tous ces malades d’excès d’alcool dans notre système de santé public que nous payons? Je ne crois pas. Plus, l’alcool, c’est cher. Quand on calcule le coût réel d’un ménage en suivant ces directives, dans une économie où l’endettement frappe la population et frôle les 160%, c’est l’équivalent d’une caisse de 24 bières qui se chiffre entre 26 et 30$ environ par semaine pour un couple. Avec les taxes et consigne, cela donne plus de 32$x52 semaines=1698$ net par année à la maison, au bar c’est bien pire. Certains propriétaires de premières maisons seront peut être contraint de remettre les clés si les taux d’intérêts augmentent et on mousse la consommation d’alcool SANS risque. Allez donc comprendre le gouvernement là-dedans. Sans compter que les profits de la société d’état ne cesse d’être en hausse et frôlent le MILLIARD de dollars !! Et il s’agit de la plus grande taxe déguisée que nous payons, un peu comme celles des carburants et vous allez continuer d’en acheter autant sinon plus ?

En conclusion, vous ne pouvez pas consommer de l’alcool sans aucun danger, c’est toxique pour le corps et un poison connu depuis des milliers d’années et il faut remercier notre foie de le désintoxifier, enfin, jusqu’à ce qu’il s’épuise. Selon plusieurs recherches et mes expériences personnelles sur mon cerveau d’adolescent peu axé sur la chose, je peux vous dire que s’en passer est la meilleure option si vous ne voulez pas avoir l’esprit embrumé et vivre longtemps en santé. Si vous y tenez vraiment, gardez cela pour les occasions spéciales, de façon occasionnelle et mettez vos limites à 1-2 verres pour la soirée en alternance avec les options sans alcool ci-dessous. Cela peut-être une belle option pour cesser de boire de l’alcool de substituer d’autres boissons graduellement vous savez. Du même coup, votre portefeuille et votre santé vous remercierons !

Et pour vous la SAQ, continuez de faire des publicités qui prônent la modération, où ceux qui en abusent ont l’air fous et parlez des conséquences sur la santé: des foies cirrhosés, décès, des enfants retardés mentalement et hyperactifs. Mentionnez-les dans vos publicités comme sur les paquets de cigarettes avant qu’on ne vous y oblige, ça c’est de l’ÉducAlcool !

 

Options sans alcool:

  • Eau, quart de citron pressé et glace, un excellent digestif.
  • Eau minérale, un peu de jus de lime frais et 1/4 de jus d’ ACAÏ.
  • Jus de canneberge et orange pressée.
  • Jus de canneberge, zeste ou quart de lime pressée sur glace.
  • Bière sans alcool ou vin sans alcool (demandez à la SAQ les options).

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